
PARCOUR POÉTIQUE de BRETIGNY-SUR-ORGE
Poèmes dans l'espace urbain
En partenariat et en co-construction avec la ville et les bailleurs sociaux, ce projet vise la création d’un parcours poétique composé de 10 points, implantés dans les jardins et espaces extérieurs du quartier des Ardrets.
L’installation prendra la forme d’un parcours poétique composé de dix panneaux en plexiglas colorés et transparents. Chaque panneau sera sérigraphié d’extraits de poèmes. Disposés à la fois verticalement et horizontalement, les panneaux créeront une dynamique visuelle et inviteront à une déambulation sensible.
Le parcours s’étendra du city stade jusqu’au square, sur les pelouses et le long des chemins existants, s’intégrant harmonieusement au paysage. La sélection des textes répond à une volonté de parité entre poètes et poétesses, et mettra en lumière des auteurs et autrices d’origines étrangères, issus de différentes époques, du XVIᵉ siècle à aujourd’hui. Les poèmes choisis seront accessibles aux enfants et aborderont le thème de la nature, invitant à la contemplation, à l’imaginaire et au voyage.
L’objectif est de surprendre les habitants, de provoquer une rencontre visible et inattendue avec la poésie, et de transformer le regard porté sur les espaces familiers.
Une sélection de 17 poèmes a été proposée aux habitants du quartier pour un grand vote participatif.
Les poèmes qui se révéleront être les préférés seront choisis pour avoir une place de choix dans le parcours poétique.
Vote possible jusqu'au 18 mars 2026 en suivant le lien suivant :




Dans le jardin des mots
verrouillé de sourires fragiles
trébuche une phrase malencontreuse
du gravier sur la langue
et voilà tu t'en vas
une corneille pose sa lanterne noire
sur les volutes du portail
signal d'alarme
attends encore un peu
que la pluie vienne
et apaise ce jardin
dans l'obscur
oratoire des herbes
où tu t'éloignes
la main indigo
de la nuit
douce et barbare
allume un instant
le regard suspendu
du renard
la lisière de la page bleutée
le bord des mots d'où l'on s'absente
tout devient rivière d'oiseaux
tout devient ruisseau d'ailes
l’histoire s'ébouriffe
les lettres font le gros dos
et la phrase lâche prise
le ciel est plumeux de paroles en l'air
lune poignée de grains noirs jetée
pour être à la page
ce qu'un semis de mots est au silence
une floraison
pour être à la page
ce qu'une pluie soudaine est au sable
une vague nouvelle pleine et déliée
pour être à la page
ce qu'un chuchotement de pas est au seuil
une attente qui se nomme
pour être à la page
ce qu'un pollen d'étoiles est au ciel
une vendange d'or
que la nuit soulève
et que le jour disperse
Chloé ROLLAND
Dans le jardin des mots,Partage des jardins secrets, 2020
Chloë Rolland : Chloë Rolland est titulaire d’une maîtrise en études littéraires de l’UQAM. Elle est traductrice et adaptatrice pour le doublage au cinéma.
Elle a publié plusieurs textes au sein du collectif La Traversée – Atelier de géopoétique. C’est ton carnage, Simone est son premier roman.
Eugène Guillevic (1907 – 1997)
est l’une des grandes voix de la poésie française du XXᵉ siècle.
Sa poésie est connue pour sa sobriété extrême, son dépouillement, et son dialogue avec les éléments : la pierre, la mer, le vent, l’espace.
Sa poésie est concise, franche et généreuse, tout en demeurant suggestive.
Dans Terre à bonheur, Guillevic rappelle avec force, lyrisme et conviction, que la terre est faite pour que les hommes y vivent heureux ; qu’elle est faite pour le bonheur.




Douceur
Je dis : douceur
Je dis : douceur des mots
Quand tu rentres le soir du travail harassant
Et que des mots t’accueillent
Qui te donnent du temps.
Car on tue dans le monde
Et tout massacre nous vieillit.
Je dis: douceur,
Pensant aussi
À des feuilles en voie de sortir du bourgeon
À des cieux, à de l’eau dans les journées d’été,
À des poignées de main
Je dis: douceur, pensant aux heures d’amitié,
A des moments qui disent
Le temps de la douceur venant pour tout de bon,
Cet air tout neuf,
Qui pour durer s’installera
Eugène Guillevic,
Terre à bonheur, 1952
Eugène Guillevic,
Terre à bonheur,
1952
Anna de Noailles (1876- 1933)
Grande figure mondaine de la Belle Époque, elle est l’une des premières femmes poètes à connaître un immense succès public en France. Elle entre à l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique et reçoit de nombreuses distinctions. Sa poésie est inspirée par la nature, le désir, la vie, la ferveur d’exister.
Dans son recueil les Eblouissements, La nature n’est pas décorative : elle est source d’émerveillement. L’intensité révèle aussi la brièveté des choses.




Je méditais ; soudain le jardin se révèle,
Et frappe d’un seul jet mon ardente prunelle.
Je le regarde avec un plaisir éclaté ;
Rire, fraîcheur, candeur, idylle de l’été !
Tout m’émeut, tout me plaît, une extase me noie,
J’avance et je m’arrête ; il semble que la joie
Était sur cet arbuste, et saute dans mon cœur !
Je suis pleine d’élan, d’amour, de bonne odeur,
Et l’azur à mon corps mêle si bien sa trame,
Tout est si rapproché, si brodé sur mon âme,
Qu’il semble brusquement, à mon regard surpris,
Que ce n’est pas le pré, mais mon œil qui fleurit,
Et que, si je voulais, sous ma paupière close
Je pourrais voir encor le soleil et la rose…
Anna de Noailles
Les Eblouissements,
1907




Parcourir l’Arbre
Se lier aux jardins
Se mêler aux forêts
Plonger au fond des terres
Pour renaître de l’argile
Peu à peu
S’affranchir des sols et des racines
Gravir lentement le fût
Envahir la charpente
Se greffer aux branchages
Puis dans un éclat de feuilles
Embrasser l’espace
Résister aux orages
Déchiffrer les soleils
Affronter jour et nuit
Evoquer ensuite
Au cœur d’une métropole
Un arbre un seul
Enclos dans l’asphalte
Éloigné des jardins
Orphelin des forêts
Un arbre
Au tronc rêche
Aux branches taries
Aux feuilles longuement éteintes
S’unir à cette soif
Rejoindre cette retraite
Ecouter ces appels
Sentir sous l’écorce
Captives mais invincibles
La montée des sèves
La pression des bourgeons
Semblables aux rêves tenaces
Qui fortifient nos vies
Cheminer d’arbre en arbre
Explorant l’éphémère
Aller d’arbre en arbre
Dépistant la durée.
Andrée Chedid,
Tant de corps et tant d'âme,
1991
Née au Caire, d’origine libanaise ; elle s’installe en France en 1946. Poète, romancière et dramaturge, elle explore les thèmes de l’humanité partagée, du dialogue entre les cultures, de la paix, et de la transmission.
Son recueil Tant de corps et tant d’âme, Publié en 1991, rassemble des poèmes brefs et épurés où sont explorés le lien indissociable entre le corps et l’âme, le visible et l’invisible. La nature y apparaît souvent comme un espace de passage et d’équilibre, un lieu où l’humain retrouve sa mesure.
Selmieh selmieh
Pacifique pacifique
Ils sont sortis en chantant la paix
les torses nus et les mains propres
Houriah houriah
Liberté liberté
Ils ont manifesté en criant
la liberté torse nu et des roses dans les mains
Oui c’est un chant qui a fait trembler le cœur
solide de la peur
et fait tomber le masque du corbeau.
Maram al-Masri (1962)
Née en Syrie ; elle vit en France depuis les années 1980.
Sa poésie est intime, charnelle, engagée. Elle écrit sur le désir féminin, l’exil, la guerre en Syrie, la liberté. Elle donne voix aux femmes invisibles, aux amours empêchées, aux blessures de l’exil.
Dans ce recueil Elle va nue la Liberté, paru en 2013, Maram al-Masri y donne une voix aux femmes, aux mères, aux amoureuses, aux corps blessés par la violence.
La nature y apparaît parfois en contraste : ciel, lumière, colombe, vent… autant d’images fragiles face à la brutalité humaine. C’est un recueil engagé, mais profondément intime.
Maram al-Masri,
Elle va nue, la liberté
2013








Il y a dans le monde des jardiniers invisibles qui
cultivent les rêves des autres.
Jeanne Benameur,
Les Mains Libres,
2004
Jeanne Benameur - (1952)
Née en Algérie d’un père algérien et d’une mère italienne ; elle vit en France depuis l’enfance. Jeanne Benameur est surtout connue comme romancière, mais son écriture est profondément poétique. Elle travaille la langue du silence, de l’écoute, du souffle en explorant les thématiques de la mémoire, de l’exile et la transmission. La nature devient un lieu où l’on peut se réparer, se rassembler, respirer.
Livre : Les Mains Libres (2006) : Le récit explore le moment fragile où l’on décide de reprendre sa vie en main.
Rita Mestokosho est une poétesse, écrivaine et activiste innue née en 1966 à Ekuanitshit, au Québec. Première femme innue à publier un recueil de poésie, elle écrit en français et en innu-aimun. Sa poésie est profondément liée à la terre, au territoire, à la mémoire autochtone et à la défense de l’environnement, ce qu’elle retransmet dans son recueil publié en 2014, Née de la Terre et de la Pluie.




Rita Mestokosho
Née de la Pluie et de la Terre,
2014
J'aime son silence
J'aime sa voix
J'aime son reflet
J'aime l'invisible que je ne peux toucher
Mais que je sens avec force en moi.
Les arbres sont témoins de mon amour
Les rochers entendent encore aujourd'hui
L'écho de ma grande tendresse
Sur le ciel qui nous enveloppe.
Mon cœur est fait de branches de sapin
Entremêlées à toutes les saisons du monde.
Je dors pour mieux tapisser tes rêves
Et celui du chasseur en quête d'une terre
Où il pourra alimenter son envie d'être libre
De marcher en admirant les courbes des rivières
De nourrir sa faim et d'assouvir sa soif.
Je crois aussi en la force du destin
Je crois aussi en la confiance de demain
La patience d'attendre en admirant l'eau des chutes
En priant pour mon prochain.
Je deviens l'hiver pour me reposer
Je deviens le printemps pour rêver
Je deviens l'été pour briller.
Et je suis une femme d'automne
Née dans un univers qui est aussi le tien.




Le palier
Le soleil debout dans le vert
Avec les troupeaux frais
Réapprend pas à pas la rondeur du monde
Et l'équilibre au convalescent
Qui va sous sa propre chemise.
Main posée sur l'échine des jours
Il gravit lentement chaque marche du ciel
Jusqu'à ce palier derrière ta nuque
où ce qui est advenu
Et ce que tu attends
Partagent la même ombre
Chloë Rolland : Chloë Rolland est titulaire d’une maîtrise en études littéraires de l’UQAM. Elle est traductrice et adaptatrice pour le doublage au cinéma.
Elle a publié plusieurs textes au sein du collectif La Traversée – Atelier de géopoétique. C’est ton carnage, Simone est son premier roman.
Guy Goffette,
Solo d'ombres,
1983
Editions Gallimard




L’abeille va, vient, fouille, quête,
Travaille comme un moissonneur,
Et par moments lève sa tête
Et dit au nuage : flâneur !
Victor Hugo
Les chansons des rues et des bois,
1865
Victor Hugo
Naissance – mort : (1802 – 1885)
Figure majeure du romantisme français, Victor Hugo est à la fois poète, romancier et dramaturge. La nature est grandiose, vivante, presque sacrée. Elle reflète les états d’âme humains et incarne souvent une force cosmique : la mer, le vent, l’orage deviennent des puissances spirituelles.
Recueil : La chanson des rues et des bois : Il invite le lecteur à fuir le pavé des villes, à courir les champs de luzerne et à y guetter de jolies créatures.




Hirondelle qui pars aux Indes
Pourquoi me suivre si longtemps;
Pars sans me plaindre
Et bon vent.
Que la rose t’accueille
dans la douceur d’un matin bleu;
Oublie le pays lointain où il pleut
Et cet homme en larmes qui reste seul.
Tristan Klingsor,
l’escarbille d’or,
1921
Tristan Klingsor (1874 – 1966)
Poète symboliste et critique d’art, proche des milieux musicaux (il collabore notamment avec Ravel), il cultive une poésie raffinée et suggestive. La nature chez lui, Elle est esthétique, stylisée, musicale. Jardins, fleurs, paysages deviennent des décors sensibles, presque oniriques comme dans l’escarbille d’or ou le lecteur finit par s’envoler avec l’hirondelle.




Dans le jardin des mots
verrouillé de sourires fragiles
trébuche une phrase malencontreuse
du gravier sur la langue
et voilà tu t'en vas
une corneille pose sa lanterne noire
sur les volutes du portail
signal d'alarme
attends encore un peu
que la pluie vienne
et apaise ce jardin
dans l'obscur
oratoire des herbes
où tu t'éloignes
la main indigo
de la nuit
douce et barbare
allume un instant
le regard suspendu
du renard
la lisière de la page bleutée
le bord des mots d'où l'on s'absente
tout devient rivière d'oiseaux
tout devient ruisseau d'ailes
l’histoire s'ébouriffe
les lettres font le gros dos
et la phrase lâche prise
le ciel est plumeux de paroles en l'air
lune poignée de grains noirs jetée
pour être à la page
ce qu'un semis de mots est au silence
une floraison
pour être à la page
ce qu'une pluie soudaine est au sable
une vague nouvelle pleine et déliée
pour être à la page
ce qu'un chuchotement de pas est au seuil
une attente qui se nomme
pour être à la page
ce qu'un pollen d'étoiles est au ciel
une vendange d'or
que la nuit soulève
et que le jour disperse
Chloé ROLLAND
Dans le jardin des mots,Partage des jardins secrets, 2020
Chloë Rolland : Chloë Rolland est titulaire d’une maîtrise en études littéraires de l’UQAM. Elle est traductrice et adaptatrice pour le doublage au cinéma.
Elle a publié plusieurs textes au sein du collectif La Traversée – Atelier de géopoétique. C’est ton carnage, Simone est son premier roman.




Dans le jardin des mots
verrouillé de sourires fragiles
trébuche une phrase malencontreuse
du gravier sur la langue
et voilà tu t'en vas
une corneille pose sa lanterne noire
sur les volutes du portail
signal d'alarme
attends encore un peu
que la pluie vienne
et apaise ce jardin
dans l'obscur
oratoire des herbes
où tu t'éloignes
la main indigo
de la nuit
douce et barbare
allume un instant
le regard suspendu
du renard
la lisière de la page bleutée
le bord des mots d'où l'on s'absente
tout devient rivière d'oiseaux
tout devient ruisseau d'ailes
l’histoire s'ébouriffe
les lettres font le gros dos
et la phrase lâche prise
le ciel est plumeux de paroles en l'air
lune poignée de grains noirs jetée
pour être à la page
ce qu'un semis de mots est au silence
une floraison
pour être à la page
ce qu'une pluie soudaine est au sable
une vague nouvelle pleine et déliée
pour être à la page
ce qu'un chuchotement de pas est au seuil
une attente qui se nomme
pour être à la page
ce qu'un pollen d'étoiles est au ciel
une vendange d'or
que la nuit soulève
et que le jour disperse
Chloé ROLLAND
Dans le jardin des mots,Partage des jardins secrets, 2020
Chloë Rolland : Chloë Rolland est titulaire d’une maîtrise en études littéraires de l’UQAM. Elle est traductrice et adaptatrice pour le doublage au cinéma.
Elle a publié plusieurs textes au sein du collectif La Traversée – Atelier de géopoétique. C’est ton carnage, Simone est son premier roman.




Dans le jardin des mots
verrouillé de sourires fragiles
trébuche une phrase malencontreuse
du gravier sur la langue
et voilà tu t'en vas
une corneille pose sa lanterne noire
sur les volutes du portail
signal d'alarme
attends encore un peu
que la pluie vienne
et apaise ce jardin
dans l'obscur
oratoire des herbes
où tu t'éloignes
la main indigo
de la nuit
douce et barbare
allume un instant
le regard suspendu
du renard
la lisière de la page bleutée
le bord des mots d'où l'on s'absente
tout devient rivière d'oiseaux
tout devient ruisseau d'ailes
l’histoire s'ébouriffe
les lettres font le gros dos
et la phrase lâche prise
le ciel est plumeux de paroles en l'air
lune poignée de grains noirs jetée
pour être à la page
ce qu'un semis de mots est au silence
une floraison
pour être à la page
ce qu'une pluie soudaine est au sable
une vague nouvelle pleine et déliée
pour être à la page
ce qu'un chuchotement de pas est au seuil
une attente qui se nomme
pour être à la page
ce qu'un pollen d'étoiles est au ciel
une vendange d'or
que la nuit soulève
et que le jour disperse
Chloé ROLLAND
Dans le jardin des mots,Partage des jardins secrets, 2020
Chloë Rolland : Chloë Rolland est titulaire d’une maîtrise en études littéraires de l’UQAM. Elle est traductrice et adaptatrice pour le doublage au cinéma.
Elle a publié plusieurs textes au sein du collectif La Traversée – Atelier de géopoétique. C’est ton carnage, Simone est son premier roman.




Dans le jardin des mots
verrouillé de sourires fragiles
trébuche une phrase malencontreuse
du gravier sur la langue
et voilà tu t'en vas
une corneille pose sa lanterne noire
sur les volutes du portail
signal d'alarme
attends encore un peu
que la pluie vienne
et apaise ce jardin
dans l'obscur
oratoire des herbes
où tu t'éloignes
la main indigo
de la nuit
douce et barbare
allume un instant
le regard suspendu
du renard
la lisière de la page bleutée
le bord des mots d'où l'on s'absente
tout devient rivière d'oiseaux
tout devient ruisseau d'ailes
l’histoire s'ébouriffe
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et la phrase lâche prise
le ciel est plumeux de paroles en l'air
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ce qu'un semis de mots est au silence
une floraison
pour être à la page
ce qu'une pluie soudaine est au sable
une vague nouvelle pleine et déliée
pour être à la page
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une attente qui se nomme
pour être à la page
ce qu'un pollen d'étoiles est au ciel
une vendange d'or
que la nuit soulève
et que le jour disperse
Chloé ROLLAND
Dans le jardin des mots,Partage des jardins secrets, 2020
Chloë Rolland : Chloë Rolland est titulaire d’une maîtrise en études littéraires de l’UQAM. Elle est traductrice et adaptatrice pour le doublage au cinéma.
Elle a publié plusieurs textes au sein du collectif La Traversée – Atelier de géopoétique. C’est ton carnage, Simone est son premier roman.




Dans le jardin des mots
verrouillé de sourires fragiles
trébuche une phrase malencontreuse
du gravier sur la langue
et voilà tu t'en vas
une corneille pose sa lanterne noire
sur les volutes du portail
signal d'alarme
attends encore un peu
que la pluie vienne
et apaise ce jardin
dans l'obscur
oratoire des herbes
où tu t'éloignes
la main indigo
de la nuit
douce et barbare
allume un instant
le regard suspendu
du renard
la lisière de la page bleutée
le bord des mots d'où l'on s'absente
tout devient rivière d'oiseaux
tout devient ruisseau d'ailes
l’histoire s'ébouriffe
les lettres font le gros dos
et la phrase lâche prise
le ciel est plumeux de paroles en l'air
lune poignée de grains noirs jetée
pour être à la page
ce qu'un semis de mots est au silence
une floraison
pour être à la page
ce qu'une pluie soudaine est au sable
une vague nouvelle pleine et déliée
pour être à la page
ce qu'un chuchotement de pas est au seuil
une attente qui se nomme
pour être à la page
ce qu'un pollen d'étoiles est au ciel
une vendange d'or
que la nuit soulève
et que le jour disperse
Chloé ROLLAND
Dans le jardin des mots,Partage des jardins secrets, 2020
Chloë Rolland : Chloë Rolland est titulaire d’une maîtrise en études littéraires de l’UQAM. Elle est traductrice et adaptatrice pour le doublage au cinéma.
Elle a publié plusieurs textes au sein du collectif La Traversée – Atelier de géopoétique. C’est ton carnage, Simone est son premier roman.




Dans le jardin des mots
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trébuche une phrase malencontreuse
du gravier sur la langue
et voilà tu t'en vas
une corneille pose sa lanterne noire
sur les volutes du portail
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que la pluie vienne
et apaise ce jardin
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où tu t'éloignes
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douce et barbare
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du renard
la lisière de la page bleutée
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tout devient rivière d'oiseaux
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une floraison
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ce qu'une pluie soudaine est au sable
une vague nouvelle pleine et déliée
pour être à la page
ce qu'un chuchotement de pas est au seuil
une attente qui se nomme
pour être à la page
ce qu'un pollen d'étoiles est au ciel
une vendange d'or
que la nuit soulève
et que le jour disperse
Chloé ROLLAND
Dans le jardin des mots,Partage des jardins secrets, 2020
Chloë Rolland : Chloë Rolland est titulaire d’une maîtrise en études littéraires de l’UQAM. Elle est traductrice et adaptatrice pour le doublage au cinéma.
Elle a publié plusieurs textes au sein du collectif La Traversée – Atelier de géopoétique. C’est ton carnage, Simone est son premier roman.




Dans le jardin des mots
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du gravier sur la langue
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le regard suspendu
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tout devient rivière d'oiseaux
tout devient ruisseau d'ailes
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et la phrase lâche prise
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une vague nouvelle pleine et déliée
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ce qu'un chuchotement de pas est au seuil
une attente qui se nomme
pour être à la page
ce qu'un pollen d'étoiles est au ciel
une vendange d'or
que la nuit soulève
et que le jour disperse
Chloé ROLLAND
Dans le jardin des mots,Partage des jardins secrets, 2020
Chloë Rolland : Chloë Rolland est titulaire d’une maîtrise en études littéraires de l’UQAM. Elle est traductrice et adaptatrice pour le doublage au cinéma.
Elle a publié plusieurs textes au sein du collectif La Traversée – Atelier de géopoétique. C’est ton carnage, Simone est son premier roman.
